L’accession à la propriété freinée par la peur du chômage
D’après une enquête réalisée par AvendreALouer et OpinionWay, les difficultés économiques, la précarité de l’emploi et la progression du chômage seraient aujourd’hui les principaux freins à l’accession à la propriété des Français. Et mauvaise nouvelle pour les professionnels de l’immobilier, le budget moyen alloué à l’achat serait en baisse… Décryptage

Pour la cinquième année consécutive, AvendreALouer, avec le concours d’OpinionWay, a interrogé les Français sur leur logement et l’immobilier. Réalisée auprès d’un échantillon de 1 002 personnes âgées de 18 ans et plus, l’étude de l’Observatoire AvendreALouer révèle une inquiétude des Français face à l’avenir. Selon cette dernière, seules 21 % des personnes interrogées auraient, cette année, un projet d’achat immobilier. Si la part d’intentionnistes ne subit qu’une légère érosion par rapport à 2012 (23 %), elle baisse tout de même de 3 points par rapport à 2011 (26 %).
Les freins à l’accession à la propriété
Dans un contexte économique difficile, plus de 8 intentionnistes sur 10 déclarent rencontrer des freins dans leur projet d’accession à la propriété. Parmi les principaux obstacles, on retrouve la peur du chômage. Ainsi, 19 % des intentionnistes déclarent avoir retardé leur projet d’achat en raison d’un emploi non stable, soit 8 % de plus qu’en 2012. Autre difficulté révélée par l’étude : un apport insuffisant. 43 % d’entre eux assurent ainsi devoir encore économiser pour obtenir un meilleur apport. Un résultat peu encourageant lorsque l’on constate que cette part a augmenté de 12 % en deux ans.
Moins de budget, mais plus de prêts
L’étude met également en exergue une baisse du budget alloué au projet d’achat immobilier. La moyenne s’évalue ainsi à 203 700 euros, soit un budget en baisse de 30 800 euros par rapport à l’année 2012. 7 Français sur 10 déclarent avoir un budget inférieur à 200 000 euros et 3 sur 10 annoncent posséder un budget supérieur à ce montant. Un point positif à noter, tout de même : les Français rencontreraient, cette année, moins de difficultés pour obtenir un prêt. Seul 14 % évoquent ce frein, contre 17 % l’an dernier. Une baisse liée a priori aux taux de crédits bas et à un assouplissement des conditions d’attribution des prêts. Autre bonne nouvelle, malgré les difficultés rencontrées, le délai moyen de concrétisation du projet d’achat n’a guère bougé en une année. Il s’établit à 10,6 mois en 2013, contre 10,7 mois en 2012.
Stéphanie Marpinard